Italesse Etoilé Sparkle, du nouveau pour le Champagne.

J’ai un mot à vous dire sur un verre inattendu, le Italesse Étoilé Sparkle. L’Etoilé Sparkle, c’est une surprise inespérée, une lueur dans un gouffre où on ne pensait jamais la voir. Pour ceux qui trouveront l’article un peu trop long, SPOILER : c’est un verre absolument incontournable. 

Toutes les photographies présentées dans cet article sont issues du site de Italesse. Italesse en détient donc tous les droits de reproduction et d’utilisation.

Le verre Italesse Etoilé Sparkle (c)Italesse

Contrairement à ce que sa forme laisse penser, c’est un verre à bulle. Moi, dès qu’on m’en a parlé (et avec insistance), ça m’a tout de suite piqué la curiosité. J’en ai épluché des verres à bulle et trouver un vrai bon verre, c’est un tour de force. Il y a bien des solutions, des compromis. Généralement, les verres type Spiegelau Authentis, Riedel Vinum ou Schott Zwiesel Fortissimo font le boulot honorablement. Toutefois, ils ont le défaut de perdre très vite l’effervescence. Et c’est un problème épineux car il a été bien mis en évidence que dans les 40% du potentiel aromatique d’une bulle était justement véhiculé par ladite bulle, disons, presque la moitié. 

Resserrer le verre alors, mais au dépend de l’intensité de l’expressivité au nez comme en bouche. Ces vins étant par ailleurs généralement plutôt acides, cela a tendance à couvrir toute la structure du vin. C’est le gros défaut de la flûte traditionnelle, qui ne présente que l’intérêt de dissimuler et rendre buvable les vins approximatifs. Je dois d’ailleurs concéder que ce n’est en fait pas un mince intérêt tant les bulles médiocres sont légion.

Cependant, dès que l’on a affaire à de vrais vins mûrs, je veux dire, fait avec des raisins mûrs, des vins pas dominé par un trait fermentaire ou excessivement oxydatif, on est pris au dépourvu. Jusqu’à présent, le verre que je considérais comme un bon compromis était le Top Ten Champagne de Schott Zwiesel. Problème : ce verre est depuis longtemps discontinué et de fait, introuvable. J’ai donc essayé, l’Authentis Champagne, le Fine Champagne, le Viña (ces deux dernier sont des séries de Schott Zwiesel). Ces derniers s’en sortent d’ailleurs plutôt bien, sans pour autant convaincre, car on perd beaucoup sur les très grandes cuvées. J’entends, pas les cuvées prestige, mais les bulles exceptionnellement réussies. 

Il y a quelques mois, un grand amateur semi-professionnel a attiré mon oeil sur ce verre, d’une manière que je pourrais qualifier d’insistante. Et en toute franchise, j’ai été intrigué tout autant que je me suis dit « c’est tellement improbable que ça doit marcher 🙂 »… la suite prouva que oui, en effet !

A propos des verres à Champagne et bulles…

D’abord, revenons sur les verres traditionnellement utilisés pour le Champagne ou les bulles. Il y a en premier lieu la fameuse coupe, dont on retrouve les vestiges dans la « coupe de champagne » encore à la carte de nombreux restaurant et de notre langage quotidien. La coupe réfère à un type de verre très large, aussi peu pratique à servir qu’à utiliser. Je me souviens encore comme il était facile de le renverser et d’en renverser le contenu, en général. Ce verre traditionnel, comme beaucoup, est le summum de la nullité (littéralement, nul = 0) en terme de dégustation. Les arômes sont totalement perdus, l’effervescence disparait rapidement. C’est donc naturellement à éviter et c’est d’ailleurs devenu un format extrêmement rare. Vint ensuite la flûte. Réaction, sans doute, à l’ouverture extrême de la coupe, la flûte a le mérite de maintenir l’effervescence. En dehors de ça, elle décharne les vins en accentuant l’acidité. En revanche, et parce qu’elle masque les arômes, elle dissimule bien les défauts : excès de dosage, d’arômes fermentaires. Elle peut être votre allié au cas où vous fassiez face à un vin un peu pâtaud et pâteux, voire raté… même si je vous recommanderait plutôt de jeter cette affreuse bouteille pour en boire une bonne. Après tout, il est clair que le nombre de bouteille que nous pourrons boire dans notre vie est limité, alors pourquoi s’encombrer de mauvais vins ? La flûte, je dois avouer, me sert toujours en ces circonstances où j’ouvre une bulle, souvent offerte, d’une qualité faible. La flûte et la glace permette d’apprécier au minimum la bouteille. C’est aussi pratique pour les cocktails classiques, le fameux kir royal.

Cependant il est clair pour moi depuis longtemps qu’en terme d’expressivité, il faut privilégier les verres « normaux » pour les bulles : Vinum Riesling/Zinfandel de Riedel, Spiegelau Authentis… en somme des verres tulipe de 40cl environ. Le seul défaut étant la perte d’effervescence et la montée en température rapide, qui implique de consommer assez vite le vin et d’en servir de moindres quantités.

Le verre Etoilé Sparkle et sa forme typique des verres à Pinot Noir. (c)Italesse

Vient donc ce verre de Italesse. De son petit nom, Italesse, Etoilé Sparkle. Il est fabriqué machine selon un procédé maison permettant une bonne résistance mécanique. Le verre est raisonnablement fin et léger, c’est conforme aux standards sur ce type de verres (Authentis, Vinum…). Cependant, l’Etoilé Sparkle n’est pas aussi grand qu’un Authentis, il est carrément plus grand ! 48 cl. Sa forme reprends les codes des verres à Pinot Noir. Rappelons à toutes fins utiles que le Pinot Noir est d’une part un vin d’une grande finesse et d’une acidité importante, ce qui est une caractéristique partagée avec les bulles. Mais d’autre part, il s’agit du cépage principal du Champagne et on le retrouve dans bon nombre de bulles comme le Crémant de Bourgogne ou d’Alsace, le Franciacorta italien ou le Cava espagnol (bien qu’ici, on parie de plus en plus, et logiquement, sur les cépages autochtones). Il a donc une réelle logique derrière cette forme. Il présente ainsi la forme classique de ces verres, avec une base du calice, large, ventrue. Enfin, il possède un marquage disposé en cercle dans le fond du calice, et destiné à conduire la bulle. 

L’idée est donc d’allier un verre large qui permette une expression maximum du vin, à un marquage laser permettant de maîtriser l’effervescence et ainsi éviter de la perdre trop vite. Mieux que limiter la perte, cela permet au contraire de la contrôler parfaitement et même optimiser son expression. Ce qui est ressenti de prime abord comme un palliatif est en fait une solution idéale.

C’est donc une idée logique, qui fonctionne… absolument et réellement parfaitement. Je sais, ça fait beaucoup d’adverbes intensificateurs, mais c’est dire combien je suis enthousiasmé par ce verre.

Le marquage laser en fond de verre, son effet sur l’effervescence. (c)Italesse

La dégustation du Italesse Etoile Sparkle

Le ressenti au nez est spectaculaire car on a toute la richesse du vin obtenu par l’aération, tout en ayant l’intensité des bulles. Cette effervescence se maintient d’ailleurs plus longtemps que dans une flute, du fait du marquage laser.

Ne boudons pas notre plaisir, c’est réellement et littéralement bluffant. Le rendu est en tout point exceptionnel, implacable aussi. Sur une bulle de haut niveau, je n’ai pas de concurrent à proposer tant ce verre sait exprimer la substantifique moelle du breuvage. Pour ne rien gâcher, c’est un verre qu’on peut trouver dans les 10€, donc en rien excessif… on frise la perfection.

En terme d’usage, il est à noter que le verre donne de beaux résultats sur les blancs disposant d’une matière un peu large type Chardonnay ainsi que sur les Pinots Noirs et certains rouges, notamment les vins rouges à maturité (plus de 10 ans de cave).

En synthèse, je dirais donc que ce Italesse Etoilé Sparkle est le meilleur choix possible en terme de verre à bulle (pour peu que vous dégustiez un vin de qualité). Il est relativement solide et bon marché. Il peut aussi vous permettre d’apprécier certains vins tranquilles à leur maximum… C’est donc indiscutablement un must have !

Qualité de Fabrication : 4/5

Esthétique : 5/5

Dégustation : 5/5

Polyvalence : 4/5 

Prix : Environ 10€

Rapport Qualité Prix : Excellent  

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